
Violences envers les IDEL : nous ne pouvons plus laisser passer Signalement, accompagnement, protection juridique, les outils existent, des engagements ont été pris, il est
« Sale pute. »
« Espèce d’incompétente. »
« Allez porter plainte, j’en ai rien à foutre. »
« Je ne vous paierai pas. »
« Démerdez-vous. »
Ces phrases ne sont pas des exemples inventés. Elles sont extraites de captures d’écran, de SMS et de messages transmis à notre syndicat par des infirmières libérales, de plus en plus nombreuses à dénoncer les violences qu’elles subissent dans l’exercice de leur profession.
Et ces violences ne se résument pas aux seules agressions physiques.
Sous couvert d’anonymat, les attaques et insultes sont parfois d’ordre personnel mais aussi professionnel, remettant en cause les compétences mêmes des soignants.
Les infirmières et infirmiers libéraux sont confrontés à des violences verbales, physiques, psychologiques, sexistes, sexuelles, administratives et désormais numériques.
Les violences sexistes prennent parfois la forme de gestes déplacés, de regards insistants, de remarques dégradantes ou de petites phrases répétées auxquelles les soignantes finissent par ne plus réagir tant elles se sont banalisées.
Les violences administratives existent également : procédures abusives vécues comme injustes, absence de reconnaissance, défiance, décisions déconnectées des réalités du terrain, avec pour conséquence un sentiment d’abandon alors même que les professionnels assurent une mission essentielle auprès de la population.
Enfin, les violences numériques sont en constante progression. Derrière un téléphone, certains se permettent aujourd’hui ce qu’ils n’oseraient jamais dire en face : insultes, intimidations, menaces, harcèlement, refus de paiement. Ces messages existent. Ils sont conservés. Ils doivent être considérés pour ce qu’ils sont : des violences à part entière.
Face à cette réalité, nous ne pouvons plus nous taire.
Créée à l’initiative de l’infirmier libéral Éric Perrin, la plateforme StopViolencesIDEL est devenue la première plateforme entièrement dédiée aux violences subies par les infirmiers libéraux. Relayée notamment par Infirmiers.com et Egora, elle répond à un besoin majeur : permettre aux IDEL de signaler les faits, de ne plus rester seuls et d’accéder à des outils concrets.
Son objectif est également d’objectiver les violences dont sont victimes les infirmiers libéraux dans le cadre de leur exercice à domicile afin de sortir cette réalité de l’invisibilité.
La plateforme met notamment à disposition :
• des outils simples de signalement ;
• des ressources juridiques et psychologiques ;
• des modèles de courriers et un accompagnement dans les démarches ;
• des partenaires spécialisés ;
• une fonction SOS avec alerte rapide, transmission d’un message audio, géolocalisation GPS et accès facilité aux secours.
La loi du 9 juillet 2025 portée par le député Philippe Pradal a constitué une avancée importante en renforçant la protection des professionnels de santé. Elle a notamment étendu le délit d’outrage à l’ensemble des professionnels de santé selon un régime jusqu’alors réservé aux personnes chargées d’une mission de service public. Les violences, outrages et certaines agressions commises à l’encontre des soignants bénéficient désormais de circonstances aggravantes.
Parallèlement, l’actualisation du code de déontologie infirmier poursuit son parcours réglementaire. Le Haut Conseil des professions paramédicales a rendu un avis favorable au projet de texte qui prévoit notamment la possibilité, dans certaines situations de violences, d’interrompre les soins afin de mieux protéger les professionnels confrontés à des agressions.
Notre syndicat, associé au Collectif du 12 mars, appelle à une mise en œuvre rapide et effective des mesures destinées à renforcer la protection des soignants.
Pour autant, la réalité du terrain reste préoccupante.
Combien de victimes renoncent à aller au bout des démarches par épuisement ou découragement ?
Combien de professionnels choisissent de ne pas signaler les faits parce qu’ils pensent que cela ne servira à rien ?
Combien continuent à subir en silence ?
Nous le disons avec force : les violences envers les IDEL doivent être mieux reconnues, mieux documentées et combattues avec détermination.
C’est pourquoi il est essentiel :
• de se retirer sans délai d’une situation de soins devenue dangereuse ;
• de signaler les faits sur StopViolencesIDEL ;
• d’effectuer une déclaration auprès de l’Ordre national des infirmiers ;
• de conserver les preuves : SMS, captures d’écran, messages vocaux ;
• de porter plainte lorsque les faits le justifient.
Car ce qui n’est pas déclaré n’existe pas.
Et ce qui n’existe pas ne peut être ni reconnu, ni mesuré, ni combattu.
Les infirmières et infirmiers libéraux exercent seuls, au domicile, souvent dans des conditions difficiles. Ils méritent le respect et la protection auxquels tout professionnel de santé a droit.
Le domicile n’est pas une zone de non-droit.
Le téléphone n’est pas un permis d’insulter.
La violence ne fait pas partie du métier.
À l’Onsil, nous refusons que ces situations deviennent une fatalité.
Nous appelons l’ensemble des IDEL à ne plus rester seuls, à utiliser les dispositifs existants et à dénoncer systématiquement les violences subies, qu’elles soient verbales, physiques, psychologiques, sexistes, sexuelles, administratives ou numériques.
Le silence protège les agresseurs.
La parole protège les soignants.
Ensemble, mettons fin à la banalisation et à l’impunité.

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