Vaccination Covid-19 : un surcoût sans compensation pour les infirmiers libéraux

L'Onsil demande le rétablissement de la fourniture gratuite des seringues et des aiguilles.

Depuis le printemps 2026, Santé publique France ne fournit plus les seringues et les aiguilles nécessaires à la vaccination contre la Covid-19.

Les professionnels doivent désormais acheter ce matériel, alors que les consignes de facturation restent inchangées.

Nous alertons une nouvelle fois sur les conséquences de cette décision pour les infirmiers libéraux.

Cette dépense supplémentaire est directement prise sur leur trésorerie et réduit la rémunération disponible après les frais nécessaires à la réalisation du soin.

À tarif inchangé, la prise en charge du coût des seringues et des aiguilles diminue donc la rémunération réelle des infirmiers libéraux pour chaque acte de vaccination.

Les infirmiers libéraux prennent déjà en charge les cotons, l’antiseptique, le pansement si nécessaire et l’élimination des déchets de soins. L’achat des seringues et des aiguilles vient désormais s’ajouter à ces dépenses.

Le ministère explique cet arrêt par la sortie du contexte de crise sanitaire et le retour à des conditions d’approvisionnement normalisées. Cette explication porte sur la disponibilité du matériel. Elle ne règle pas la question de son financement.

Une fois encore, il revient aux infirmiers libéraux d’avancer et d’absorber une nouvelle charge pour continuer à assurer leur mission.

Cette décision s’inscrit dans une accumulation de dépenses qui fragilise progressivement l’exercice libéral.

L’inflation cumulée au fil des années augmente le coût du carburant, des consommables, des assurances et du fonctionnement des cabinets. Elle réduit ainsi le pouvoir d’achat réel de la rémunération des soins.

Depuis dix-sept ans, nous dénonçons cette érosion des moyens des infirmiers libéraux.

Pris séparément, chaque surcoût peut sembler limité. Mais leur cumul crée des difficultés de plus en plus importantes.

Les cabinets doivent faire face à l’ensemble de ces dépenses tout en assurant la continuité des soins.

La trésorerie des infirmiers libéraux ne peut pas être sollicitée à chaque nouvelle décision sans que ses conséquences économiques soient prises en compte.

La vaccination constitue une mission essentielle de prévention.

À domicile, elle permet notamment de protéger des personnes pour lesquelles le déplacement est difficile. Son organisation exige du temps, des compétences et des moyens matériels qui doivent être financés.

Nous demandons le rétablissement de la fourniture des seringues et des aiguilles, en complément du vaccin,  comme c’était le cas depuis le début des campagnes de vaccination contre la Covid-19.

Nous allons interpeller Madame la ministre de la Santé et la CNAM sur cette charge supplémentaire et ses conséquences sur la rémunération des infirmiers libéraux.

Les pharmaciens l’ont découvert également fortuitement.

Les infirmiers libéraux assument déjà une partie des consommables nécessaires à cet acte. Leur imposer une dépense supplémentaire sans compensation fragilise davantage les conditions dans lesquelles ils participent à la prévention. Préserver l’accès à la vaccination suppose aussi de préserver les moyens des professionnels qui la réalisent.

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