Communiqué Onsil / Carburant :

les infirmiers libéraux toujours oubliés des aides !

Alors que les prix restent élevés et que les déplacements sont indispensables aux soins à domicile, l’Onsil demande des mesures adaptées à la réalité des tournées infirmières.

Depuis plusieurs mois, l’Onsil alerte sur les conséquences de la hausse du prix des carburants pour les infirmiers libéraux. Une question qui ne relève pas du simple coût de fonctionnement d’un cabinet : pour un IDEL, se déplacer est une condition même de l’exercice professionnel.

Les tournées peuvent représenter 100, 150, parfois 200 kilomètres par jour. À mesure que le prix du carburant augmente, c’est donc directement le coût de l’accès aux patients qui progresse.

Une alerte portée par l’Onsil depuis plusieurs mois

Les difficultés rencontrées par les infirmiers libéraux ont depuis été portées devant le Parlement.

Le 31 mars 2026, la sénatrice Amel Gacquerre a interrogé le Gouvernement sur les conséquences de la hausse du carburant pour les IDEL et sur la cohérence de cette situation avec le développement des soins à domicile.

Elle soulignait notamment que, dans les territoires ruraux et périurbains, les tournées dépassent fréquemment 100 kilomètres par jour.

Le sénateur Joshua Hochart a également interrogé le Gouvernement sur la hausse du prix des carburants et la nécessité de revaloriser les indemnités de déplacement des infirmiers libéraux.

Des aides annoncées, mais une réponse toujours inadaptée aux IDEL !

Le 21 mai 2026, le Gouvernement a annoncé plusieurs mesures destinées à atténuer les conséquences de la hausse des carburants, notamment en faveur des « grands rouleurs » et de plusieurs secteurs particulièrement dépendants de leurs déplacements.

Le dispositif destiné aux grands rouleurs retient notamment le critère de plus de 8 000 kilomètres par an dans le cadre de l’activité professionnelle, mais son bénéfice reste soumis à des conditions de revenus.

Or un infirmier libéral parcourant 150 kilomètres par jour peut effectuer environ 33 000 kilomètres professionnels par an, soit plus de quatre fois ce seuil, sans pour autant bénéficier du dispositif en raison des critères retenus.

C’est précisément là que réside l’incohérence : le kilométrage professionnel réel peut être considérable sans ouvrir droit à une aide pourtant destinée aux grands rouleurs.

Ce mardi 22 septembre, le Gouvernement doit présenter de nouveaux dispositifs d’aide et de soutien face à la hausse des prix des carburants.

Plusieurs ministres doivent prendre la parole à Bercy, parmi lesquels Stéphanie Rist, ministre de la Santé.


Cette première série d’annonces sera suivie, jeudi 24 septembre à 20 heures, d’une intervention du président de la République Emmanuel Macron, invité des journaux télévisés de TF1 et France 2.


Dans ce contexte, les infirmiers libéraux attendent des réponses à la hauteur de la réalité de leur exercice.

Chaque jour, ils parcourent parfois plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de kilomètres pour assurer les soins au domicile de leurs patients. Pourtant, les dispositifs destinés aux « grands rouleurs » ne prennent toujours pas suffisamment en compte cette réalité professionnelle.


L’Onsil sera donc particulièrement attentive aux annonces de cette semaine et à la place qui sera enfin accordée aux professionnels de santé dont l’exercice dépend quotidiennement de leur véhicule.


Trois propositions concrètes de l’Onsil :

  • corriger les critères de l’aide destinée aux grands rouleurs, afin qu’ils prennent en compte le kilométrage professionnel réellement parcouru et non un seuil de revenu conçu principalement pour le salariat ;
  • étendre aux infirmiers libéraux un mécanisme de compensation du coût du carburant professionnel, à l’image des dispositifs dont bénéficient certaines professions particulièrement dépendantes de la route ;
    • revaloriser, à titre exceptionnel et temporaire, l’indemnité forfaitaire de déplacement et les indemnités kilométriques, en tenant compte de l’évolution du prix du carburant.

 

Une réponse exceptionnelle n’aurait d’ailleurs rien d’inédit : l’Assurance Maladie avait déjà mis en œuvre en 2022 des mesures spécifiques face à l’augmentation du coût des carburants.

Le maintien à domicile suppose encore de pouvoir arriver jusqu’au domicile
Vieillissement de la population, prévention, virage domiciliaire, accès aux soins : les politiques de santé accordent une place croissante à la prise en charge à domicile. 

Mais cette ambition suppose une réalité très concrète : que les professionnels qui assurent ces soins aient encore les moyens de se déplacer jusqu’à leurs patients.


Pour l’Onsil, la question du carburant ne peut donc être réduite à celle du pouvoir d’achat des professionnels.

Elle touche directement à l’organisation des soins et à l’équité territoriale d’accès aux soins.

L’Onsil appelle le Gouvernement et les parlementaires à prendre en compte la réalité économique des tournées infirmières et à apporter enfin une réponse adaptée aux professionnels dont l’activité repose quotidiennement sur la route.

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