la hausse du carburant menace la continuité des soins à domicile

Face à l’explosion du prix du gazole et à l’absence de mesures d’urgence, les infirmiers libéraux alertent sur une situation devenue intenable pour assurer leurs tournées

Communiqué – Infirmiers libéraux et hausse du carburant

Depuis fin février, nous avons été relayés dans les médias, notamment sur TF1 au 20H et sur LCI dans la matinale, pour alerter sur une réalité simple : les infirmiers libéraux font partie des plus gros rouleurs du quotidien, et pourtant aucune mesure d’urgence n’est mise en place.

Depuis le 27 février, avec la flambée du baril, le gazole a augmenté de 28 centimes par litre, soit +16 %, dépassant les 2 € le litre le 9 mars. Depuis, les infirmiers libéraux supportent une charge financière supplémentaire pour continuer à assurer leurs missions de soins.

Cette hausse intervient dans un contexte déjà fragilisé.

Depuis 2009, notre exercice n’a pas été revalorisé à la hauteur de l’inflation. La perte de pouvoir d’achat est estimée à 38 %.

Dans le même temps, l’indemnité forfaitaire de déplacement (IFD) reste fixée à 2,75 € brut, soit environ 1,10 € net après charges. L’Onsil avait pourtant demandé, lors des négociations conventionnelles, une revalorisation pérenne de cette indemnité. Cette demande est, une nouvelle fois, restée sans suite.

Pourtant, les Français ont compris l’essentiel. Selon l’Enquête électorale française (Ipsos, CESI, CEVIPOF, Fondation Jean-Jaurès, Le Monde), 76 % d’entre eux placent la préservation du système de santé parmi les priorités, devant le pouvoir d’achat (66 %) et la valorisation du travail (63 %).

Il est incohérent d’affirmer que la santé est une priorité tout en laissant s’épuiser et se précariser les professionnels qui la font vivre au quotidien.

Ce que nous demandons en urgence :

– Une IFD pérenne revalorisée à au moins 4 € ;

– Des aides nationales sur le carburant pour les professionnels de santé libéraux ;

– Une diminution des taxes sur le carburant, alignée sur les dispositifs dont bénéficient déjà les transporteurs routiers, agriculteurs et pêcheurs.

Ce que nous demandons à moyen et long terme :

– Des aides à l’acquisition ou au leasing de véhicules électriques, sans conditions restrictives de ressources ;

– Une autonomie réelle des véhicules compatible avec les tournées (au moins 500 km) ;

– Un déploiement massif de bornes de recharge rapides ;

– Des solutions adaptées pour les professionnels en habitat collectif et en zones rurales.

Nous roulons pour soigner, sans discrimination.

Nous roulons pour que les patients éloignés ou fragiles puissent continuer à être pris en charge à domicile.

À un moment, il n’est plus acceptable que cette continuité des soins repose financièrement sur les seuls professionnels.

Des mesures urgentes sont nécessaires, notamment la mise en place d’une participation de l’État sur le prix du carburant pour les professionnels de santé libéraux.

À défaut, la situation a déjà des conséquences concrètes : certains infirmiers libéraux sont contraints de refuser des patients trop éloignés, faute de pouvoir absorber le coût des déplacements.

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