Avenant 11 : une réponse très éloignée des attentes des infirmiers libéraux

Un accord signé le 31 mars 2026 qui ne compense ni l’inflation, ni 17 ans de gel tarifaire, et inquiète pour l’avenir de la profession

Alors que l’avenant 11 était particulièrement attendu par la profession, sa signature commune par 3 syndicats représentatif le 31 mars 2026 ne constitue pas la réponse espérée par les infirmiers libéraux.

Cet accord intervient dans un contexte déjà extrêmement tendu , marqué notamment par le gel de la lettre clé depuis près de 17 ans, qui a profondément fragilisé l’équilibre économique des cabinets

L’avenant 11 visait à répondre à plusieurs enjeux : revalorisation des actes, évolution des missions en rapport avec la loi sur la profession infirmière votée en juin 2025, et adaptation aux besoins croissants de la population.

Mais en cherchant à concilier ces objectifs dans un cadre budgétaire contraint, le résultat apparaît aujourd’hui largement en décalage avec la réalité du terrain.

Les besoins en soins à domicile continuent d’augmenter, plusieurs enquêtes dont celle de l’Insee en témoignent, tandis que la démographie infirmière diminue, créant une tension croissante sur l’accès aux soins.

Une augmentation d’environ 10 % de la lettre clé, soit à peine une trentaine de centimes , étalée sur plus deux ans   ne permet pas de compenser :

  • l’inflation cumulée depuis 17 ans ;
  • la hausse des charges Actuellement la hausse exponentielle des carburants ;
  • la perte continue de pouvoir d’achat.

Une revalorisation pour atteindre au moins 4€ de la lettre clé aurait été nécessaire pour répondre aux réalités économiques actuelles.

L’introduction de nouvelles cotations et missions est largement insuffisante et résonne comme un véritable camouflet !

Il apparaît difficile de demander aux infirmiers libéraux à la fois une montée en compétences, une évolution des pratiques, une adaptation constante aux besoins , tout en maintenant une telle rémunération face à une attractivité en baisse.

Le risque est réel de voir s’accélérer le départ des infirmiers libéraux.

Plusieurs prises de position publiques ont souligné ce décalage.

Ainsi, des interpellations ont été adressées à Stéphanie Rist et à Thomas Fatôme, pointant une réponse jugée insuffisante face à la situation économique des infirmiers libéraux.

Ces prises de parole dénoncent notamment :

  • une revalorisation perçue comme très en deçà des besoins ;
  • une absence de prise en compte réelle de la précarisation croissante de la profession ;
  • un décalage entre les annonces et la réalité du terrain

Au-delà des aspects techniques, cet avenant est perçu par certains comme un tournant négatif pour la profession.

Dans un contexte où les infirmiers libéraux assurent une part essentielle des soins à domicile, la nécessité de leur reconnaissance et de leur rôle central sont ignorés.

L’avenant 11, très attendu, est aujourd’hui en complet décalage avec les besoins exprimés par les infirmiers libéraux.

La question de l’attractivité et de la pérennité de l’exercice libéral infirmier n’a reçu à ce jour aucune réponse à part une aumône, que notre syndicat Onsil dénonce.

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